Dans le Washington bourgeois, une église historiquement noire débat de foi et de justice

de Lynette Wilson
Posted Aug 2, 2016
Le Révérend Peter Jarrett-Schell, recteur, et la Révérende Gayle Fisher-Stewart, recteure adjointe de Calvary Episcopal Church à Washington DC posent pour une photo, sous une bannière du mouvement « Black Lives Matter ». Photo : Lynette Wilson

Le Révérend Peter Jarrett-Schell, recteur, et la Révérende Gayle Fisher-Stewart, recteure adjointe de Calvary Episcopal Church à Washington DC posent pour une photo, sous une bannière du mouvement « Black Lives Matter ». Photo : Lynette Wilson

[Episcopal News Service — Washington, D.C.] La décision d’accrocher une bannière du mouvement Black Lives Matter [NDR. Le mouvement « Les vies noires comptent » a été créé en 2012, en réaction au racisme anti-noir)] au-dessus de l’entrée de la salle paroissiale n’a pas été prise à la légère par les dirigeants de Calvary Episcopal Church, une église épiscopale historiquement noire, connue pour son engagement en matière de justice et d’action sociales dans le quartier nord-est de la capitale des États-Unis.

« Certaines personnes s’en sont offusquées … et je pense que certaines autres apprécient vraiment » a déclaré le recteur de Calvary, Peter Jarrett-Schell, au cours d’une récente interview avec l’Episcopal News Service. Cette décision « controversée n’a pas été prise à l’unanimité » a-t-il poursuivi. « C’est également une occasion de dialogue ».

Il n’est pas rare que Calvary engage des débats qui incitent la congrégation et la communauté à penser et à s’impliquer en faveur de la justice.

Au cours de ces deux dernières années en particulier, Calvary a lancé une série de débats sur des questions controversées, difficiles, provocatrices, etc. Les dirigeants de l’église ont vraiment commencé après que la police ait tiré sur Michael Brown en août 2014. Ils décidèrent d’organiser un forum au sein de la communauté, intitulé « le cas Ferguson pourrait-il se produire ici ? ». Le forum réunit des membres de l’église et de la communauté ainsi que des fonctionnaires de police.

« Ce fut un échange pacifique, sur la possibilité que le cas Ferguson se reproduise ici, si les circonstances s’y prêtent » nous confie la Révérende Gayle Fisher-Stewart, recteure adjointe de Calvary et ancienne fonctionnaire de la Police métropolitaine du District de Columbia, retraitée après 20 ans de carrière. « Nous savons que 90 % de tous les troubles civils dans ce pays ont un lien avec la police ; cela ne veut pas dire que la police les a causés mais que la police est d’une façon ou d’une autre impliquée et qu’il peut s’agir de quelque chose d’assez simple qui explose ».

Le débat sur le cas Ferguson a amené Gayle Fisher-Stewart, nouvellement ordonnée prêtre en novembre dernier, à créer à Calvary le Center for the Study of Faith in Justice [Centre d’études de la foi en matière de justice] avec l’aide d’une subvention de l’Episcopal Evangelism Society. La subvention a permis à l’église d’organiser des forums centrés sur des thèmes liés à la participation de la communauté, à la justice raciale et sociale, à la police dans la communauté, à l’église noire et aux espaces blancs interdits aux noirs, entre autres. Les deux derniers forums ont été organisé sous forme d’ateliers animés par la Révérende Kelly Brown Douglas, l’auteure du livre intitulé « Stand Your Ground: Black Bodies and the Justice of God »

« Nous nous sommes rendus compte qu’ici à Calvary nous sommes une congrégation noire appartenant à une confession à prédominance blanche et que nous avons en quelque sorte une double personnalité » nous a révélé Gayle Fisher-Stewart, ajoutant que Kelly Brown Douglas a aidé Calvary à redéfinir sa mission.

« L’église noire a été créée en raison de l’injustice. Ainsi, si nous reprenons le flambeau au nom de la justice, nous nous retrouvons dans la mission du Christ lorsqu’il lut le livre d’Esaïe (Luc 4:18) dans le temple – il s’agissait de rendre la justice, il s’agissait des plus petits d’entre nous » dit-elle.

Par exemple, le forum le plus récent était centré sur les jeunes hommes noirs, posant la question : Sont-ils une espèce en voie de disparition ?

« Nous avions des animateurs de la communauté, des militants et des psychologues, des théologiens, des éducateurs qui nous ont aidé à réfléchir à la raison pour laquelle les jeunes hommes noirs sont en voie de disparition au delà de la question du maintien de l’ordre mais également : Que sommes-nous appelés à faire pour les aider à devenir le peuple que Dieu les a appelés à être ? ».

Ce « à quoi » Dieu a appelé les jeunes hommes noirs à être est ce sur quoi se concentre Brittany Livingston, une travailleuse sociale de 26 ans qui conseille principalement de jeunes collégiens afro-américains dans une école paroissiale de garçons.

« La plupart de nos garçons sont des jeunes afro-américains et c’est des fois difficile de voir ces petits visages noirs chaque jour qui sont souvent préoccupés par ce qui se passe » explique Brittany Livingston, ajoutant que parfois la violence et la situation générale la font se sentir impuissante. « Mais venir chaque jour travailler avec ces jeunes garçons m’aide. Je travaille avec eux au quotidien et je me préoccupe de leur vie au quotidien ».

Les membres et les amis de Calvary Episcopal Church ont participé à une marche silencieuse et une veillée de prière intitulée « œuvrer en faveur de la justice » lors de la 40ème Conférence annuelle de la National Organization of Black Law Enforcement Executives qui s’est déroulée à Washington DC le 20 juillet. Cette action était organisée par le Center for the Study of Faith in Justice de Calvary. Photo : Lynette Wilson

Les membres et les amis de Calvary Episcopal Church ont participé à une marche silencieuse et une veillée de prière intitulée « œuvrer en faveur de la justice » lors de la 40ème Conférence annuelle de la National Organization of Black Law Enforcement Executives qui s’est déroulée à Washington DC le 20 juillet. Cette action était organisée par le Center for the Study of Faith in Justice de Calvary. Photo : Lynette Wilson

L’année 2016 laisse un grand nombre de personnes avec un sentiment d’impuissance. Le mois de juillet a été un mois mortel, tant pour la police que pour les noirs en Louisiane, au Minnesota et au Texas. Le dimanche 17 juillet, alors que des membres de Calvary quittaient l’église après l’Eucharistie du matin, la nouvelle est tombée : encore une autre fusillade mortelle à Baton Rouge, en Louisiane, cette fois un ancien Marine a tué deux policiers et un shérif adjoint. C’est « la juxtaposition (concomitance ?) de ces décès » qui « a forcé la nation tout entière à prendre un temps d’arrêt et de réflexion » comme l’a récemment écrit le Révérend Charles A. Wynder, diacre et missionnaire de l’Église épiscopale pour la justice sociale et la défense des droits, dans un essai pour The Living Church.

Brittany Livingston, membre de longue date de Calvary, dit que c’est utile d’avoir un lieu où venir en parler.

« Après chaque forum ou événement communautaire que nous organisons, il en ressort toujours quelque chose » nous dit-elle. « Que ce soit quelqu’un qui s’approche de vous à la fin et vous dit : « Venez faire partie de ce programme de mentorat (tutorat ?)» ou que vous voyez la Révérende Gayle et ma mère et l’église qui se rendent à une manifestation quelque part, et puis le dimanche on prie pour cela, et le Révérend Schell ou la Révérende Gayle qui se lève et dit quelque chose à ce sujet et brise en quelque sorte ce sentiment d’impuissance » poursuit-elle.

Ellen Livingston, la mère de Brittany Livingston, elle aussi travailleuse sociale et dirigeante de Calvary, a vu par elle-même comment la rhétorique issue du mouvement Black Lives Matter influe sur la vie des jeunes avec qui elle travaille. De l’adolescente blanche d’un quartier mixte à qui les jeunes de son âge disent qu’elle n’a rien à faire là : « cette jeune fille essaie de gérer quelque chose de beaucoup plus important que ce qu’elle peut imaginer » explique Ellen Livingston, au jeune enfant noir qui se trouve dans un camp de vacances principalement blanc dans une école privée prestigieuse où il est pris pour cible par les élèves blancs : « ah bon, les vies des noirs comptent » et harcelé : « ta vie ne compte pas plus que la mienne, toutes nos vies comptent ».

Le mouvement Black Lives Matter, tout comme le Center for the Study of Faith in Justice de Calvary, est né en 2013 d’un épisode tragique, à l’occasion de l’acquittement de George Zimmerman, le coordonnateur de la milice de quartier qui a tiré sur Trayvon Martin, âgé de 17 ans, dans une résidence sécurisée juste au nord d’Orlando en Floride. Le mouvement s’est développé à partir du hashtag #BlackLivesMatter sur Twitter, attirant l’attention sur les violences de la police et des « vigilantistes » à l’encontre des Américains noirs.

En prenant la décision d’accrocher la bannière du mouvement « Black Lives Matter », c’est devenu la responsabilité de l’église en tant que congrégation chrétienne, nous dit Peter Jarrett-Schell.

« L’Évangile déclare que toutes les vies comptent mais, dans le moment présent, nous voyons qu’aux yeux du monde et de notre société, toutes les vies ne comptent pas de manière égale et que les vies des noirs sont sous-évaluées et ce n’est pas peu dire » poursuit Peter Jarrett-Schell. « En tant que chrétiens, si nous croyons vraiment que l’Évangile apporte la bonne nouvelle à tous les peuples et que nous regardons et voyons qu’il y a un groupe de personnes dans notre voisinage immédiat et dans notre société, en particulier des noirs, qui ne sont pas traités comme des enfants de Dieu de la manière dont ils devraient l’être, nous devons expressément en porter témoignage ».

La matriarche de Calvary, une femme décrite comme ménageant un espace pour tout un chacun, s’est initialement opposée à la bannière de Black Lives Matter, soucieuse de ce que les personnes venant à l’église pourraient penser. Mais, après être passée plusieurs fois dessous, nous rapporte Peter Jarrett-Schell, elle a réalisé que la bannière disait que sa vie comptait et que, si quelqu’un n’était pas d’accord, il n’avait pas besoin de venir à l’église.

Le mouvement Black Lives Matter fait suite au mouvement Occupy, un autre mouvement de base qui a commencé à New York en 2011, revendiquant l’égalité sociale et économique. Tout comme le mouvement Occupy a exposé au grand jour le problème mondial de l’inégalité sociale et économique, le mouvement Black Lives Matter a introduit le racisme dans les conversations de tous les jours.

« Lorsqu’on considère le problème (le racisme) en termes nationaux et internationaux, il apparaît tout simplement trop gros pour que nous puissions y faire quoi que ce soit » répond Peter Jarrett-Schell à la question de savoir si les évolutions les plus significatives se produisent au niveau communautaire. « Et si l’on analyse l’histoire, ces grands tournants, ces moments où le cours de l’histoire s’est réellement orienté vers la justice, le point culminant, nous négligeons le fait qu’il y a toujours eu des années et des années de travail au niveau de la communauté de base qui rendent en fait possible ce grand moment national ».

L’élection présidentielle déjà tendue est devenue encore plus tendue à mesure que les relations inter-raciales perdurent dans l’esprit des Américains ; le soutien au mouvement Black Lives Matter, mouvement souvent mal compris, représente tout l’éventail. Pourtant la violence contre les Américains noirs n’a rien de nouveau. Les Américains non noirs l’ont pour la première fois vu à la télévision dans leur salon, lors du tabassage de Rodney King aux mains de la police de Los Angeles en 1991 ; cela a dominé les commentaires sociaux qui ont nourri les paroles des débuts de la musique hip hop. Les smartphones équipés de caméra vidéo ont augmenté la fréquence à laquelle les cas de violence policière ont été instruits et rendus publics.

Le chef de la police de Los Angeles qualifia le tabassage de Rodney King d’aberration mais la communauté noire et les fonctionnaires de police savaient mieux que quiconque.

« [Nous avons dit que] l’« aberration » était que cela avait été filmé alors que cela se produit chaque jour en Amérique » déclare Gayle Fisher-Stewart, c’est simplement que maintenant tout le monde a un téléphone portable. « Maintenant n’importe qui peut prendre son téléphone et enregistrer ce qui s’est toujours passé en termes de maintien de l’ordre en Amérique ».

« La crise a toujours été là ; elle est omniprésente maintenant avec la technologie ».

Calvary Episcopal Church a accueilli une exposition de 200 T-shirts portant le nom, la date de naissance et la date de décès des victimes de crimes violents dans la région métropolitaine du District de Columbia. Photo : Gayle Fisher-Stewart

Calvary Episcopal Church a accueilli une exposition de 200 T-shirts portant le nom, la date de naissance et la date de décès des victimes de crimes violents dans la région métropolitaine du District de Columbia. Photo : Gayle Fisher-Stewart

Bien avant que l’église décide d’accrocher la bannière de Black Lives Matter, elle avait accueilli une exposition de plus de 200 T-shirts portant le nom, la date de naissance et la date de décès des victimes de crimes violents dans la région métropolitaine du District de Columbia. L’exposition, organisée par Heeding God’s Call, conviait les visiteurs à prier pour chacun des morts. L’église travaille maintenant à une nouvelle série de débats, qui vont de la jeunesse et le dialogue avec les forces de police à l’éducation au delà du secondaire, à l’esprit d’entreprise et aux relations entre les sexes.

Il est impossible d’avoir un débat au sujet des violences policières et des hommes noirs sans que la conversation dévie à un certain point vers le racisme, culturel et institutionnel, la marginalisation et l’inégalité économique. En outre, les forums et les débats à Calvary ont lieu dans le contexte de l’embourgeoisement.

« Nous sommes une église de gens qui quittent le quartier chaque matin pour travailler au centre ville, notre communauté commence à ne plus ressembler en rien à ce qu’elle était quand nous étions enfants » nous confie Ellen Livingston, qui a grandi à 10-15 minutes à pied de l’église et a déménagé ensuite dans la banlieue. « À une époque, c’était (l’église) un centre communautaire mais notre communauté change, d’un côté l’embourgeoisement et de l’autre l’isolement et la marginalisation de ceux qui sont noirs et qui sont restés dans la ville, c’est pourquoi nous voulons leur offrir un appui à eux également ».

Calvary Episcopal Church, une église historiquement noire de Washington DC est située dans la partie bourgeoise du nord-est de la ville. Juste un peu plus loin dans la rue, au coin de la rue H Street et de la Sixième rue NE, les Apollo Apartments, avec en son centre un Whole Foods Market, sont en construction sur l’ancien site historique du Théâtre Apollo. Photo : Lynette Wilson

Calvary Episcopal Church, une église historiquement noire de Washington DC est située dans la partie bourgeoise du nord-est de la ville. Juste un peu plus loin dans la rue, au coin de la rue H Street et de la Sixième rue NE, les Apollo Apartments, avec en son centre un Whole Foods Market, sont en construction sur l’ancien site historique du Théâtre Apollo. Photo : Lynette Wilson

Située à un pâté de maisons de la rue H, qui était auparavant le cœur commercial de la ville noire de Washington DC, rue qui a brûlé au cours des violentes manifestations qui ont suivi l’assassinat de Martin Luther King Jr. en 1968, l’église, établie en 1901 comme église missionnaire dans un magasin sur rue (ancien commerce ?), est à présent confrontée à la difficulté de conserver son identité dans un quartier qui évolue rapidement vers l’embourgeoisement. Qualifiée autrefois de « Ville chocolat », la capitale du pays est passée d’une majorité à 70 % afro-américaine il y a une génération, à moins de 50 % de noirs aujourd’hui.

« La rue H était principalement noire, c’était comme le centre ville pour les gens noirs et elle a brûlé, les émeutes, elle a brûlé, tout comme certaines parties de la Septième rue, la rue U en partie incendiée, les secteurs noirs de la ville, sont ceux qui ont brûlé et il a fallu du temps pour qu’ils récupèrent totalement et à mesure qu’ils ont récupéré, ils se sont embourgeoisés» poursuit Gayle Fisher-Stewart.

« Nous sommes comme beaucoup de congrégations historiquement noires du District de Columbia, entourées de gens qui ne nous ressemblent pas mais nous devons néanmoins les atteindre et diffuser l’Évangile ».

L’embourgeoisement de la communauté commence à changer la mission de l’église. Chaque troisième jeudi du mois, Calvary organise une réunion pour parler de l’évolution de la communauté, comme cet immeuble massif avec en son centre un Whole Foods Market en construction au coin des rues Six et H NE, là où se trouvait le théâtre historique Apollo. D’autres changements sont moins apparents pour les nouveaux venus et les visiteurs.

« J’arrivais en voiture ce matin – j’étais sur West Virginia Avenue devant Gallaudet University – et j’ai remarqué du côté ouest de la rue là où il n’y avait aucun trottoir, juste un chemin, il y a maintenant un trottoir… c’est là où j’habitais, j’habitais sur West Virginia Avenue – il n’y a jamais eu de trottoir de ce côté de la rue. Vous ne pouviez pas marcher de ce côté de la rue à moins que vous ne marchiez dans la rue mais maintenant il y a un trottoir – 50 ans plus tard » nous explique Kevin Douglas, membre de longue date qui a grandi à quelques minutes de marche de l’église.

Il ne manque pas d’églises à proximité, tout près une église chrétienne minuscule en devanture de magasin sur la rue H, identifiée seulement par une croix, entourée de restaurants, de bars à jus de fruits, de studios de yoga et d’une boutique vendant des produits pour animaux domestiques. La congrégation de Calvary vieillit et de féminise ; le groupe dynamique de jeunes, l’un des plus grands groupes afro-américains de jeunes chrétiens de la ville, quand Brittany Livingston était enfant, est parti depuis longtemps.

« Un grand nombre de nos membres ont déménagé mais ils ont tous conservé une grande affection pour ce quartier, alors même qu’il évolue rapidement » nous dit Peter Jarrett-Schell qui, en 2012, est devenu le premier recteur blanc de l’église. « Nous voulons être une congrégation qui partage la Bonne Nouvelle du Christ dans ce lieu particulier et ce quartier particulier.

« Nous avons beaucoup de nouvelles familles qui emménagent et c’est vraiment compliqué pour Calvary… il y a de réelles possibilités mais il y a aussi beaucoup de départs, de déménagements tout le temps. C’est pourquoi lorsque nous parlons de partager la Bonne Nouvelle, nous en parlons bien sûr en termes à la fois spirituels et temporels, il y a un message d’espoir qu’offre l’Évangile et nous voulons que les habitants du quartier l’entendent. Il y a des attentes et des responsabilités sociales qui espèrent; nous voulons que les habitants du quartier en entendent parler également et nous voulons que Calvary soit le lieu où l’on partage cela ».

– Lynette Wilson est rédacteur et journaliste de l’Episcopal News Service.


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