À Paris, des ondes cérébrales créent des ondes radio pour les Anglicans francophones

Par Matthew Davies
Posted Jul 16, 2013

[Episcopal News Service] Laurence Moachon, Parisienne épiscopalienne, aide à rehausser le profil de la Convocation des églises épiscopales en Europe en mettant du contenu audio en langue française à la disposition des Anglicans du monde entier.

Le Magazine anglican a commencé à émettre sur la station de radio Fréquence protestante il y a environ 18 mois. En raison de sa popularité, cette émission est souvent diffusée en créneau horaire primetime juste après midi.

ens_071613_laurenceMoachonMme Moachon, ancienne Catholique, est membre de la Cathédrale américaine de Paris depuis 19 ans. En tant qu’animatrice de l’émission, elle dit qu’il est important de communiquer avec les gens par l’intermédiaire de la radio parce que « il nous faut plus de visibilité en France en tant qu’Épiscopaliens et Anglicans, et nous avons une couverture médiatique très réduite dans la presse. C’est une bonne occasion pour que les gens arrivent à nous connaître ».

Pendant son créneau de 55 minutes, diffusé une fois par mois et disponible sur demande en ligne, Mme Moachon a habituellement un sujet principal, un sujet secondaire et des actualités sur la Communion anglicane, l’Église épiscopale, le Diocèse de l’Église d’Angleterre en Europe et les trois Églises anglicanes de Paris (la Cathédrale américaine, l’église Saint-Michael et l’Église Saint-George).

Elle accueille de temps à autre des invités au studio pour enregistrer, mais la plupart du temps elle pré-enregistre les interviews «car nombre d’entre eux ne se sentent pas suffisamment à l’aise pour parler en direct en français ».

Laurence Moachon produit pratiquement tous les aspects du programme, depuis la préparation jusqu’à la présentation, en passant par la recherche et l’enregistrement. « Je dispose d’un petit équipement pour enregistrer les interviews et ensuite j’ai un logiciel qui me permet de mélanger voix et musique » nous confie-t-elle.

Bien qu’elle soit consultante en communication, Mme Moachon n’a pas eu d’expérience antérieure en radiodiffusion. Elle a formé d’autres personnes à s’exprimer en public mais quand elle a commencé la diffusion radiophonique, dit-elle à ENS, « je pensais que ma voix était si laide que j’avais besoin moi-même de coaching vocal ».

Son auditoire comprend beaucoup d’Anglicans, de Protestants et de Catholiques. Son émission partage son créneau horaire avec Radio Notre Dame.

« Ce sont des gens religieux ou intéressés par la religion, ou grandissant dans leur foi » nous dit-elle. « Par conséquent, nous n’avons aucunement l’intention de convertir qui que ce soit à l’anglicanisme mais plutôt [d’aider] à mieux nous connaître ainsi qu’à puiser leur inspiration dans ce que nous faisons ».

Il est difficile de déterminer exactement combien de gens nous écoutent, dit Mme Moachon, « le critère de succès c’est que la radio me laisse continuer, bien que nous ne leur donnions aucun argent ». En juin, poursuit-elle, Le Magazine anglican a été la deuxième émission la plus téléchargée de la station.

Elle nous dit croire que les trois ou quatre morceaux de musique, pour la plupart anglicane et chorale, joués au cours de chaque émission aident à rendre l’émission populaire.

« Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi elle a autant de fidèles auditeurs » Pierre Whalon, Évêque de la Convocation, dit à ENS. « La passion de Laurence pour son église et sa foi alliée à ses compétences en tant que communicatrice professionnelle permet d’offrir un programme animé et attrayant. Elle est un exemple exceptionnel du nombre de plus en plus important de personnes en France qui trouvent une foi vivante dans l’Église épiscopale ».

Le français est une langue officielle dans 63 pays, aux Nations Unies et aux Jeux olympiques, nous fait remarquer l’Évêque Whalon. Le nombre de francophones dans le monde augmente et comprend maintenant plus de 4 millions d’Anglicans, nous confie-t-il.

Laurence Moachon précise que le plus grand diocèse épiscopal est numériquement celui d’Haïti, qui est de langue française.

L’Église épiscopale est une église mondiale, ajoute-t-elle. « Il nous faut avoir plus d’outils français, particulièrement pour la liturgie… Il est important de créer une culture anglicane en français ».

Le Magazine anglican tire son origine d’une émission radio plus ancienne sur la Cathédrale américaine de Paris que produisait le Rév. Canon Bernard Vignot, ancien prêtre catholique qui dirigea le ministère francophone de la Cathédrale jusqu’à sa retraite. En 2011, le Magazine anglican a été relancé en tant qu’émission culturelle.

Lorsque l’émission a démarré, elle s’intitulait Via Media mais Mme Moachon nous dit avoir eu des difficultés avec ce titre « parce qu’il signifie que nous ne sommes ni l’un ni l’autre ». Mais nous sommes véritablement différents. Je veux vraiment que les gens voient notre église et pensent que nous faisons quelque chose de différent ».

Sa partie préférée de l’émission c’est le « remue-méninges » d’idées et la rencontre de nombreuses personnes intéressantes, nous dit-elle.

La dernière émission,diffusée le 13 juillet, comportait comme sujet principal les Anglicans sur la Côte d’azur et une Église épiscopale à Nice. Elle comportait également des informations sur Cannes et son festival du film, exemple, nous dit-elle, de la façon dont elle trouve de nouveaux moyens d’élargir l’émission « et de la rendre plus animée ». La musique choisie pour la dernière émission comprenait l’Hymne de la Communion chantée pour le couronnement de la Reine Elizabeth II en 1953, la chorale de la Cathédrale américaine de Paris interprétant Abide by me et Emeli Sandé chantant Abide by me pour l’ouverture des Jeux olympiques de 2012.

Parmi les points saillants d’émissions passées, on peut noter les débats œcuméniques et des présentations sur l’intronisation du 105ème Archevêque de Cantorbéry, sur les Cathédrales britanniques, sur la ville de Washington et la deuxième investiture du Président Barack Obama, sur le nouveau doyen de la Cathédrale américaine de Paris et sur un festival de musique anglicane.

Laurence Moachon fut tout d’abord attirée par l’Église épiscopale en 1993 lorsqu’elle assista à un service de Noël à la Cathédrale nationale de Washington à Washington. Elle s’est immédiatement senti connectée mais ce qui l’a principalement attirée vers l’Église épiscopale, nous dit-elle, est la diversité du culte.

Le programme radio prend beaucoup de temps de préparation et de production chaque mois mais, nous confie-t-elle, maintenant je « le vois comme mon ministère ».

– Matthew Davies est rédacteur et journaliste de l’Episcopal News Service.


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